RESUME

Le constitutionnalisme africain élude un nombre important de questions du fait de pratiques politiques avant-gardistes voire de « l’hypocrisie constitutionnelle ». Si la première raison est compréhensible, la seconde par contre consiste à jeter un voile sur certaines questions comme s’il s’agissait de maladies honteuses et à opter pour le « politiquement correct » qui voudrait qu’on évite d’aborder des sujets sensibles. La problématique de la santé du Président de la République fait partie de ces thématiques qui sont peu ou pas abordées à la fois par les textes constitutionnels et par le juge constitutionnel en Afrique. Le silence autour de la question est perceptible dans la détermination des conditions d’éligibilité à la Présidence de la République, en matière d’exercice du pouvoir et surtout, dans l’identification des causes de l’empêchement de l’institution présidentielle. Il n’est donc pas exagéré de considérer la question de la santé du Président de la République comme un objet constitutionnel insuffisamment aménagé bien que ce soit, un objet constitutionnel convenablement envisageable.

MOTS CLÉS Tabou, constitutionnalisme, Santé, président de la république, discontinuité de la fonction présidentielle, âge, empêchement, délégation, vacance, suppléance

ABSTRACT

The constitutionalism system in Africa still avoid a good number of relevant questions because of politic or deceitful constitution. If we can understand the first reason, the second one on the other side aims at veiling certain questions considered as shameful diseases and to choose the idea of the “politically right” aiming at avoiding sensitive questions. The issue of the President of the Republic’s health is one of these thematic less treated of by the laws and by the constitutional judge in his functions. The black-out over the issue is seen in the identification of eligible requirements to the presidency of the Republic, namely on the discharge of power and particularly, on the identification of reasons relating to the President’s

Jean Mermoz BIKORO

Docteur en Droit Public, Assistant à la Faculté des sciences juridiques et politiques, Université de Yaoundé (Cameroun)

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