Résumé

 L’article analyse la pertinence et l’évolution du droit international public (DIP) face aux mutations contemporaines, l’interrogeant sur sa capacité à maintenir son rôle de régulateur dans une société internationale en constante transformation. L’analyse met en exergue la résilience axiologique et opérationnelle du DIP. Cette résilience s’observe par sa fonction essentielle de garant du maintien de la paix et de la sécurité internationales, notamment par l’interdiction du recours à la force et la promotion du règlement pacifique des différends. Dans cette dynamique, il convient de noter que les principes traditionnels de souveraineté et de coopération doivent être adaptés aux nouvelles idéologies. Ces dernières évoluent en effet vers des concepts tels que la « souveraineté responsable » et une logique d’interdépendance. Cependant, le DIP est confronté à des défis d’ordre ontologique découlant de sa fragmentation. L’extension progressive du domaine d’application de cette discipline, qui englobe désormais des champs aussi divers que le droit de l’environnement et le droit commercial, entre autres, ainsi que la multiplication des régimes spécialisés et des juridictions, telles que le Tribunal international du droit de la mer ou l’Organisation mondiale du commerce conduisent à une augmentation significative de la prolifération normative. L’autonomie de ces différents régimes est source désormais de conflits apparents de normes, d’interprétations divergentes et de risques de jurisprudences contradictoires. Ces différents éléments compromettent fortement l’unité et la cohérence systémique de l’ordre juridique global.                                                                              Mots clés : Droit international public, résilience, fragmentation, mutation, ordre juridique.

 

Abstract

The article analyzes the relevance and evolution of public international law (PIL) in the face of contemporary changes, questioning its ability to maintain its regulatory role in an international society undergoing constant transformation. The analysis highlights the axiological and operational resilience of PIL. This resilience can be seen in its essential function as a guarantor of international peace and security, in particular through the prohibition of the use of force and the promotion of peaceful dispute settlement. In this context, it should be noted that the traditional principles of sovereignty and cooperation must be adapted to new ideologies. The latter are evolving towards concepts such as “responsible sovereignty” and a logic of interdependence. However, public international law faces ontological challenges arising from its fragmentation. The gradual extension of the scope of this discipline, which now encompasses fields as diverse as environmental law and commercial law, among others, as well as the proliferation of specialized regimes and jurisdictions, such as the International Tribunal for the Law of the Sea and the World Trade Organization, are leading to a significant increase in regulatory proliferation. The autonomy of these different regimes is now a source of apparent conflicts of norms, divergent interpretations, and risks of contradictory case law. These various factors seriously compromise the unity and systemic coherence of the global legal order.                                                                                                           Keywords : Public international law, resilience, fragmentation, change, legal order.

DIOMANDE Dro Hyacinthe

Enseignant-chercheur / Maître-assistant CAMES en Droit Public - Université Jean Lorougnon Guédé, Côte d’Ivoire